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Outre-Mer

Jeudi 18 août 2005

Banane : un avenir plus qu'incertain

Dans le bras de fer qui oppose l'Union Européenne et les pays producteurs de banane d'Amérique Latine, l'OMC vient de statuer sur l'impossibilité de fixer un tarif douanier de 230 € par tonne à partir du 1er janvier 2006. Selon l'OMC, un tel tarif ne permettrait pas de préserver l'équilibre de parts de marché entre les différentes zones de production. L'UE a dix jours pour réagir face à cette décision d'arbitrage et les ministres concernés (outre-mer et agriculture) demandent à ce que les intérêts de la filière banane soient préservés, quitte à ce que soit mis en place de manière pérenne un système compensatoire qui réponde à la situation des producteurs ACP.
L'Union des Groupements de Producteurs de Banane des Antilles a vivement réagi et appelé lui aussi à ce que la Commission Européenne défende soit le prix de la tonne, soit un mécanisme de soutien aux revenus. L'UGPBA a également regretté que l'OMC n'ait pas pris en compte les conditions salariales dans lesquelles sont employés les travailleurs de la filière banane dans les pays latino-américains.

Même si la production de banane a causé des dégâts écologique dans les années passées (notamment suite à l'usage de pesticides), la filière représente aujourd'hui la principale production agricole de la Guadeloupe et de la Martinique et emploie environ 15000 personnes dans ces deux départements.
Dans le contexte actuel, Cap21 Antilles soutient les producteurs antillais de la filière banane. Même si des aides compensatoires demeurent essentielles pour pallier une probable baisse de production, il faut aider la filière banane à se tourner davantage vers des débouchés à plus forte valeur ajoutée : transformation de la banane en produits "dérivés" (jus, desserts,...), utilisation de l'image caribéenne (AOC), production de banane "biologique". Ce n'est qu'en informant davantage les consommateurs et mettant en avant les avantages de la banane ACP pour la préservation de l'environnement et le respect des conditions de travail que nous réussirons à maintenir cette filière aux Antilles.
Il est également indispensable de songer aux pays hors Union Européenne qui, même s'ils bénéficient d'avantages à l'importation, subiront le contre-coup de l'ouverture des frontières sur ce marché, sans pour autant bénéficier des mêmes mesures de soutien que les producteurs européens.

 

Par Benoit Chauvin
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