Liens

Catégories

Recommander

Agriculture et Forêt

Bienvenu sur le blog de la commission agriculture et forêt de CAP 21!

dans cette rubrique vous trouverez:

. Les communiqués de CAP 21 sur les thèmes agricoles

. Des dossiers thématiques: OGM, agriculture biologique

. Des notes d'humeur

. Des contributions et les travaux des membres de la commission

N'hésitez pas à nous faire connaître vos réactions et vos suggestions.

Elles sont les bienvenues !

Bonne lecture!

Georges Fandos

responsable de la commission agriculture forêt

Vendredi 9 février 2007


Fin de cycle pour l’Organisation mondiale du commerce
Plutôt que le protectionnisme, la souveraineté alimentaire
Par Jacques Berthelot

 

Economiste, auteur de L’Agriculture, talon d’Achille de la mondialisation, L’Harmattan, Paris, 2001.

 



 

Dans le monde, le nombre de malnutris chroniques est passé de 826 à 852 millions entre 1995-1997 et 2000-2002. Pour les trois quarts d’entre eux, il s’agit de ruraux, essentiellement des agriculteurs. Ils sont 204 millions en Afrique subsaharienne, où l’espérance de vie recule depuis vingt ans. Les agriculteurs y constituent les deux tiers des actifs – soit 110 millions de plus qu’en 1969-1971 –, et les malnutris représentent un tiers de la population. Sous prétexte que la part de l’Afrique subsaharienne dans les échanges commerciaux globaux est passée de 2 % à 1,6 % entre 1990 et 2004, on lit ici et là qu’elle ne serait pas suffisamment insérée dans le marché mondial... C’est une énorme contrevérité : la part des échanges dans le produit intérieur brut (PIB) y était, en 2003, de 52,7 %, contre 41,5 % en moyenne mondiale, 19 % aux Etats-Unis, 19,9 % au Japon et 16 % dans la zone euro (hors échanges internes) (1). D’où une conclusion qui n’est jamais publiquement tirée : si l’on met à part les 70 % des pays émergents d’Asie orientale (Chine en tête), la richesse des nations est inversement proportionnelle à leur insertion dans le commerce mondial !

 

Le pourcentage des malnutris dans les pays en développement (PED) est proportionnel à la part des produits agricoles dans leurs exportations totales (2). Hors produits tropicaux, le déficit alimentaire (différence entre production et consommation) a fortement augmenté. Ainsi, de 1995 à 2003, les exportations agroalimentaires de l’Afrique de l’Ouest ont crû de 50 % (de 4 à 6,1 milliards de dollars), mais le déficit de ses échanges alimentaires a augmenté davantage : 55 % (passant de 2,9 à 4,3 milliards de dollars).

 

L’objectif de la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hongkong devrait être la fixation de règles du commerce durables, prenant en compte l’augmentation de 3 milliards du nombre total d’humains entre 2000 et 2050, dont 1 milliard en Afrique subsaharienne. Et cela dans le contexte du réchauffement climatique, pour lequel des chercheurs brésiliens estiment que, au cas où la température planétaire monterait de 5,8 degrés, les terres potentielles du Brésil pour le soja, le maïs, le riz pluvial, le haricot et le café diminueraient de moitié, et d’un tiers si la hausse était seulement de 3 degrés (3). Cela devrait tempérer la fièvre agro-exportatrice d’un pays où, pour produire et vendre à l’extérieur toujours davantage de soja et de viande bovine, la déforestation accélérée de l’Amazonie contribue fortement à l’effet de serre.

 

Face à de tels enjeux, quelle réponse ? La frénésie de tous les Etats à faire du cycle de négociations commerciales dit « de Doha » (4) (ou « du développement ») celui de l’« accès au marché » dans tous les domaines ! La stratégie multilatérale, comme bilatérale, des deux superpuissances commerciales que sont l’Union européenne et les Etats-Unis est limpide : puisque l’agriculture « pèse » moins de 2 % de leur PIB, contre environ 75 % pour les services et le solde pour les produits industriels (dont les produits agroalimentaires), les impératifs de croissance et d’emploi doivent conduire à exporter toujours plus de services et de produits industriels, quitte à importer davantage de denrées alimentaires. Les réformes successives de la politique agricole commune (PAC) européenne depuis 1992, de la loi sur l’agriculture (Farm Bill) aux Etats-Unis depuis 1996, ainsi que de l’Accord sur l’agriculture (AsA) de l’OMC, mis en œuvre depuis 1995, ont poursuivi ce seul et unique objectif, qui reste celui du cycle de Doha.

 

Pour que les agriculteurs acceptent politiquement ces réformes, il a fallu compenser la baisse des prix agricoles par des subventions reconnues par l’AsA comme ayant peu d’« effets de distorsion des échanges » – dans le jargon de l’OMC, elles sont classées dans la « boîte bleue » – ou n’en ayant pas du tout – et elles sont alors classées dans la « boîte verte » (voir « Glossaire »). Ce qui signifie que ces aides doivent être partiellement (boîte bleue) ou totalement (boîte verte) « découplées » du niveau des prix ou de la production de l’année en cours. Le discours sur les bienfaits qui en résulteraient pour l’environnement, les paysages, la qualité des produits et le bien-être animal n’est qu’un alibi à l’usage des contribuables.

 

L’Union européenne a cherché à « vendre » ces réformes aux PED de deux manières. En premier lieu, elle a accepté d’éliminer à terme les « restitutions », nom donné à ses subventions à l’exportation, qui ont effectivement baissé, de 9,5 milliards d’écus en 1992 à 3,4 milliards d’euros en 2002. Mais, comme les Etats-Unis, elle refuse de notifier à l’OMC les aides directes des boîtes bleue et verte qui bénéficient également, mais de manière indirecte, aux produits exportés. C’est le cas, par exemple, de celles allant aux céréales et, par conséquent, aux viandes des animaux les ayant consommées. En second lieu, l’Union a proposé, le 28 octobre 2005, de réduire de 70 % l’ensemble de ses soutiens internes couplés, et de diminuer de 46 % en moyenne ses droits de douane, hors « produits sensibles ». Evidemment, en contrepartie, elle attend des PED qu’ils fassent des offres équivalentes dans l’accès à leurs marchés des services et des produits non agricoles. Les propositions des Etats-Unis de réduire de 53 % leurs soutiens internes couplés (5), et de 55 % à 90 % les droits de douane, vont dans le même sens.

 

Depuis la conférence ministérielle de l’OMC de Cancún (septembre 2003), les PED ont mis fin à l’hégémonie de la Quadrilatérale (Etats-Unis, Union européenne, Japon, Canada) sur l’OMC. Après la constitution des regroupements de pays nommés G20, G33 et G90 (voir « Glossaire »), le Brésil et l’Inde ont remplacé le Japon et le Canada dans un G4 assurant la conduite des négociations. Au risque de trahir la majorité des PED et de continuer à marginaliser les pays les plus pauvres du G90.

 

Les PED sont de moins en moins dupes du « jeu des boîtes » auquel se sont livrés l’Union et les Etats-Unis depuis 1992, en transférant un pourcentage croissant de leurs soutiens de la boîte orange (soutiens « couplés », donc inéluctablement à réduire) à la boîte bleue, puis à la boîte verte – dans laquelle la réforme de la PAC de juin 2003 et d’avril 2004 a permis de placer 90 % des subventions internes ! En réalité, depuis 1995, Washington et Bruxelles trichent massivement dans la notification de leurs soutiens internes et à l’exportation, et dans la conformité de la PAC et du Farm Bill avec les règles de l’AsA.

 

L’article 6.2 de l’AsA stipule que, pour les pays développés, les subventions aux intrants (c’est-à-dire aux consommations intermédiaires, notamment de matières premières) sont « couplées ». Comme 60 % de la production de céréales, oléagineux et protéagineux (COP) de l’Union européenne et des Etats-Unis sont des intrants des productions animales, il s’ensuit que 60 % des aides directes aux COP (9 milliards d’euros par an) sont « couplées ». L’Union les a pourtant notifiées en boîte bleue, et les Etats-Unis ont notifié leurs paiements directs en boîte verte. Dans trois jugements récents, l’Organe de règlement des différends (ORD) de l’OMC a enfin admis qu’il fallait considérer l’ensemble des subventions bénéficiant aux produits exportés – y compris celles de la boîte verte – comme contribuant au dumping.

 

Des accords iniques

 

Face à Bruxelles et à Washington, les G20, G33 et G90 ont en commun d’exiger des pays développés l’élimination des restitutions, une forte réduction des soutiens « couplés » et des droits de douane. Aucun de ces groupes ne conteste la légitimité de l’OMC face aux risques, jugés nettement supérieurs, d’accords bilatéraux de libre-échange, comme on le voit dans ceux, particulièrement iniques, que l’Union européenne entend imposer aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) en 2008 (6). Tous refusent d’ouvrir leurs marchés des produits non agricoles et des services avant d’être assurés de l’arrêt du dumping agricole du Nord et d’une ouverture large de ses marchés agroalimentaires. Ministre du commerce de l’Inde, M. Kamal Nath déclarait le 8 novembre : « L’enjeu de ce cycle est de savoir s’il va bénéficier à ceux qui gagnent 1 dollar par jour ou 5 000 dollars par mois  (7). »

 

Au-delà de ces convergences, les 3 G (G20, G33, G90) sont divisés sur le degré de protection de leur marché intérieur. Le G20 est écartelé entre ses neuf membres les plus compétitifs – dont ceux du Mercosur (8) et la Thaïlande –, qui souhaitent l’ouverture des marchés, y compris ceux du Sud, et dix membres hostiles appartenant aussi au G33 (dont la Chine, l’Inde et l’Indonésie), qui veulent maintenir une forte protection, y compris vis-à-vis des autres PED. Car, en 2004, 51 % des exportations agroalimentaires du Brésil ont été destinées à d’autres PED, contre 23 % en 1990. Les membres du G90, quant à eux, craignent à juste titre la forte érosion des préférences tarifaires dont ils bénéficient encore, si l’Union européenne et les Etats-Unis réduisent trop fortement leurs droits de douane non préférentiels.

 

Les règles actuelles de l’AsA sont injustes : seuls les pays riches peuvent soutenir leurs agriculteurs par des subventions internes autorisées, mais ayant des effets de dumping et de substitution aux importations, alors que, dans le même temps, ils obligent les pays pauvres à réduire l’unique instrument à leur portée : la protection à l’importation. C’est pourquoi la souveraineté alimentaire – une protection efficace à l’importation –, associée à l’interdiction de toute exportation en dessous du coût total moyen de production sans subvention directe et indirecte, est, paradoxalement, la forme de soutien des agricultures la moins protectionniste pour tous les pays.

 

Refonder la PAC et l’AsA sur la souveraineté alimentaire est dans l’intérêt évident de l’Union européenne puisque ses exportations vers les pays tiers, en pourcentage de sa production totale 2000-2003, n’ont été que de 10,7 % pour les céréales, 6,9 % pour les viandes et 9,5 % pour les produits laitiers. L’agriculture lui sert de monnaie d’échange dans ses négociations à l’OMC et avec le Mercosur en vue d’ouvrir des marchés supplémentaires à ses exportations de services et de produits industriels. Mais, à ce jeu, elle risque de perdre infiniment plus que ses 11 millions d’actifs agricoles, compte tenu du caractère « multifonctionnel » de l’agriculture : production alimentaire, préservation de l’environnement, maillage des territoires, etc. Les Etats-Unis sont dans une situation comparable, puisque leur excédent agroalimentaire ne cesse de baisser : il est passé de 26,8 milliards de dollars en 1996 à 14,3 milliards en 2001 et à 7,3 milliards en 2004, les prévisions étant de 4 milliards pour 2005, et un déficit croissant à moyen et long termes.

 

Pour inciter l’Europe et les Etats-Unis à s’engager dans une politique de souveraineté alimentaire, la stratégie est simple : mettre fin à leurs tricheries massives afin de les obliger, sous la pression de leurs agriculteurs sevrés de subventions, à refonder la PAC et le Farm Bill sur des prix rémunérateurs pour les producteurs, donc sur une protection efficace à l’importation.

 

Comme une telle démarche est incompatible avec les objectifs de l’OMC, deux solutions seraient envisageables : soit revenir au statut spécial de l’agriculture dans l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT) d’avant 1995 (où toutes les formes de protection étaient autorisées de fait), mais en interdisant en revanche tous les types de subventions à l’exportation ; soit, de préférence, confier la régulation des échanges agricoles à une institution qui pourrait être l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ou la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), voire à une institution ad hoc. Elle aurait aussi pour fonction d’assurer la coordination internationale de la maîtrise de l’offre, afin d’éviter les surproductions structurelles, et d’imposer des prix minimaux, notamment pour les produits tropicaux.

 


(1) Source : Banque mondiale, Country Data Profiles, www.worldbank.org/data/countrydata/...

 

(2) FAO, « La situation de l’agriculture et de l’alimentation », novembre 2005, www.fao.org/unfao/bodies/conf/c2005...

 

(3) www.unicamp.br/unicamp/unicamp_hoje...

 

(4) Du nom de la capitale du Qatar, où, en novembre 2001, a commencé ce cycle de négociations de l’OMC.

 

(5) Jacques Berthelot, « Les vaines promesses et le jeu dangereux de la Commission européenne de réduire fortement ses soutiens agricoles », 4 novembre 2005 (www.ourworldisnotforsale.org/showar...). Egalement « Le roi est nu : l’impossible promesse des Etats-Unis de charcuter leurs soutiens agricoles », 10 novembre 2005 (www.tradeobservatory.org/library.cf...).

 

(6) Lire Raoul Marc Jennar, « Ces accords que Bruxelles impose à l’Afrique », Le Monde diplomatique, février 2005.

 

(7) www.ourworldisnotforsale.org/showar...

 

(8) Marché commun du Sud (des Amériques) : Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, auxquels se joindra très prochainement le Venezuela.

 



http://www.monde-diplomatique.fr/2005/12/BERTHELOT/13036 - décembre 2005

 

Par J.Berthelot - Publié dans : www.cap21.agriculture.foret
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 12 janvier 2007
C’est inouï, comme un argument de firme commerciale si peu fondé, arrive à confondre les agriculteurs à se lancer dans cette culture hasardeuse. Le maïs OGM permet seulement l’économie d’un passage de tracteur dans la parcelle pour appliquer l’insecticide puisque le maïs BT est déjà imprégné de cette protéine toxique. C’est bien le seul « avantage » qu’on puisse lui reconnaître. Par rapport à cet effet de serre, le maïs piège comme toute culture, une quantité de carbone qu’il restitue intégralement lors de sa décomposition dans le sol, ou consommation. Puisque le maïs ne produit principalement que de l’amidon (sucre), c’est un aliment du bétail très pauvre nécessitant un complément de ration en protéines essentiellement importées d’Amérique sous forme de soja (OGM, évidemment !), nous faisant observer comme fait accompli, qu’une entrecôte charolaise choisie chez notre boucher, est fabriquée aux _ avec du soja américain. L’économie de carburant pour le traitement insecticide est annulée oh combien ! par la traversée de l’Atlantique… Pour cette raison de coût énergétique, l’intensification de la production de maïs n’a de sens que pour servir celle de la production animale hors sol : de moins bonne qualité que celle de plein air, et gravement polluante par ses émissions de lisier et de méthane (à très fort effet de serre). Pour des logiques économiques de ce type, un repas coûte en moyenne 4 à 5000 km de transports, selon études du WWF. L’agriculture éco-régionale est l’une des pistes les plus sérieuses pour réduire notre emprunte écologique et assurer notre souveraineté alimentaire, comme l’a démontré la thèse de l’agriculteur Emmanuel BAILLY aux 1ieres Assises du Limousin en février dernier. Puisqu’elle est effectivement tropicale, cette plante ne peut pas profiter des pluies pendant les six mois d’hiver les plus favorables sous nos climats, contrairement à nos cultures d’automne. Le sol laissé nu pendant cette longue période, favorise l’érosion des parcelles (80 T par hectare et par an dans le Gers !), ainsi que la minéralisation du peu de matière organique. C’est donc à la période estivale qu’elle nécessitera pour sa croissance, l’équivalent des besoins en eau d’un village de 450 habitants en moyenne pour chaque hectare, au moment où on nous interdit d’arroser nos jardins, laver nos voitures ; quand la Garonne atteint son niveau d’étiage ne pouvant plus assurer le refroidissement de nos centrales nucléaires dans les normes de sécurité en vigueur pour faire fonctionner les climatiseurs … Concernant la résistance à la sécheresse, toutes les données publiées par des chercheurs US montrent un désavantage des variétés Bt par rapport aux variétés parentes. Les firmes reconnaissent ne rien espérer dans ce domaine de résistance à la sécheresse avant au moins une dizaine d’années. Les variétés OGM plus ligneuses permettent effectivement une meilleure résistance à la verse, en conditions normales. Mais en conditions sèches, la tige éclate. Donc, la meilleure tenue à la verse n’est pas conciliable avec l’économie d’eau. Concernant le parasitisme pyrale et mycotoxines, on sait que l’intensification de la culture et en particulier la monoculture, est à l’origine de la pression parasitaire. La culture triennale (comme chaque agriculteur a eu l’occasion de l’apprendre avec les cours de l’agronome Dominique SOLTNER), participe déjà à résorber ce problème sans risques. En plus, il y a une lutte biologique qui marche très bien (c'est une mouche qui la parasite) et du coup, on a pas besoin de maïs transgénique. Le maïs BT produit une protéine toxique. Cette toxine, est active en particulier sur les insectes. Il s’agit par définition, d’un insecticide. Cette affirmation n’est évidemment pas contestée par les experts officiels. La production de cet insecticide se mesure en kilos par hectares (au moins 10.000 fois supérieure à celle épandue par un agriculteur qui utilise de manière intensive la toxine BT, d’après J Pierre BERLAND INRA.Fr). Sa toxicité alimentaire et sur l’environnement ne peut être connue que si elle est étudiée avec les mêmes exigences que celles de toute spécialité de l’industrie phytosanitaire. Ce n’est pas le cas malgré de nombreuses publications scientifiques parfois célèbres, relatant des effets concrets sur les microorganismes, la faune auxiliaire, et sur l’alimentation des mammifères. Ces travaux inexistants, ou beaucoup plus sommaires, restent confidentiels. Cette situation prive la société civile de la confrontation d’avis scientifiques contradictoires indispensables pour connaître la réalité, nécessaire pour notre sécurité, et prévue par la loi européenne. Quant à cette croyance selon laquelle la protéine du maïs BT possède les mêmes vertus que celle de bacillus thurrengiensis, nous devons entendre ce qui est là encore, remis en question par aucun expert : La toxine présente dans les variétés actuellement sur le marché, diffère très distinctement de la substance produite par la bactérie qui elle, est une protoxine : c’est à dire une protéine neutre sur le vivant, devenant toxique uniquement quand elle est absorbée dans le tube digestif du parasite (La nature permet cette formidable sécurité, mais pas l’industrie). Nombreuses publications révèlent la mortalité des coccinelles et autres auxiliaires lorsqu’ils mangent les pucerons dans les parcelles OGM, alors que les parcelles traitées par pulvérisation de bacillus thurrengiensis permettent aux larves de boucler leur cycle de reproduction, (assurant la survie de l’espèce). Culture légale : Comment pouvons nous parler de culture légale, dans ces conditions d’homologations qui bafouent la loi européenne, organisent le secret autour des résultats de toxicité alimentaire ? « La France n’a pas transposé la directive européenne sur la dissémination des OGM dans l’environnement pour préserver la santé humaine et l’environnement » nous reproche la commission européenne . Elle vient d’entamer une procédure à l’encontre de notre gouvernement à hauteur de 380 millions d’amende plus 366.000 € de pénalités par jour. Etonnante distribution gratuite de semences OGM par les firmes semencières aux agriculteurs opportunistes. (source la France Agricole) Le « respect de la propriété privée » ? et celui de la loi, et des agriculteurs qui choisissent le conventionnel ou l’agriculture biologique pour refuser de tels risques ? Minorité, dites vous ? Aucun de ces points n’a pu résister aux débats démocratiques tenus dans le Gers et partout en France. Voilà pourquoi 74 % des français restent défavorables à cette technologie (enquête IPSOS 2004). Ils demandent que son développement soit limité dans un cadre assurant réponse à ces questions par un organisme indépendant et représentatif de la société civile. Avec cette précaution, la recherche médicale à partir des OGM est évidemment possible et souhaitable, sur des surfaces qui n’ont rien de comparables avec celles des productions agricoles industrielles. Les ravages occasionnés par les cultures OGM dans le monde sont étrangement oubliés : - aux USA : les interdictions de STARLINK provoquant des allergies insoutenables. - pertes d’efficacité sur pyrales par accoutumance dès 1999, - en Nouvelle Zélande en 2005 les mortalités de moutons après 7 jours de pâture des chaumes de coton OGM BT. Le personnel de cueillette a subi des démangeaisons laissant des décolorations durant plus de cinq mois, - en Australie : des pois OGM reconnus toxiques au bout de dix ans d’expérimentation sur souris, ont été retirés du marché par les services de l’Etat. - au Brésil : 50 % des lots de maïs, 83 % des lots de soja et 80% des colzas conventionnels sont contaminés par les OGM depuis 2002, - en Espagne en 2005 : 7 lots de maïs biologique sur 12 analysés sont contaminés jusqu’à 12%, - en Inde : suspension des cultures de coton OGM par le Comité indien d’Approbation du Génie Génétique après trois ans de pratique, - le riz Ogm arrivé « accidentellement » cet automne dans nos assiettes… La France se singularise par un « pourrissement de la situation ». Le Japon, la Suisse, cinq autres pays européens, et même certains états américains ont une position plus claire dans le moratoire anti-OGM. Pour ces raisons, tous les syndicats agricoles français (sauf un), déconseillent les cultures OGM dans les conditions actuelles de plein champ. Aucune compagnie d’assurance dans le monde n’accepte de couvrir les risques de cette technologie et les firmes semencières se dégagent de toute responsabilité juridique… que faut il de plus concret pour renoncer à un tel enjeu ? Inspirons nous de l’exemple d’André PAUCHON et pas moins de 800 agriculteurs français ayant réussi depuis 30 ans, leur métier de polyculture élevage en évitant la plupart des intrants extérieurs avec autant de résultats que les agriculteurs industriels… Cap 21 Gers
Par CAP 21 Gers - Publié dans : www.cap21.agriculture.foret
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 7 janvier 2007
A L’APPROCHE DES ELECTIONS DES REPRESENTANTS DES AGRICULTEURS AUX CHAMBRES D’AGRICULTURE, CAP 21 INTERPELLE LES CANDIDATS SUR SES PROPOSITIONS EN MATIERE DE POLITIQUE AGRICOLE Saint Aunès, le 28 décembre 2006 Madame, Monsieur, A l’approche des élections professionnelles des Chambres d’Agriculture, nous souhaiterions ouvrir un dialogue avec votre organisation sur les propositions de notre mouvement en matière agricole dans une optique constructive. Nous aimerions donc connaître votre point de vue sur les politiques agricoles que nous exposons dans le texte ci-après. Nous vous remercions de l’attention que vous pourrez porter à notre courrier, et vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs. Pour CAP 21, Georges Fandos Responsable de la commission agriculture et forêt de CAP 21 ---------------------------------------------------------------------------------------------------------- Préambule : ce texte porte essentiellement sur la politique des prix et des aides publiques. D’autres volets ( politiques de qualité, OGM , installations, élevage extensifs, forêt…) mériteraient de plus amples développements. Ils seront abordés ultérieurement. Le sort des viticulteurs et plus généralement des agriculteurs, face à la crise est très inquiétant et il devient urgent que la politique agricole soit revue fondamentalement sur les points suivants : . Les prix payés aux producteurs par les acheteurs (centrales d’achat des GMS, expéditeurs, particuliers…) ne doivent pas être inférieurs au coût de production, afin d’assurer un revenu décent aux agriculteurs : cela passe pour chaque denrée, comme cela est déjà fait pour les principales filières (céréales, viande, betteraves…), par la fixation de prix minimum de référence pour les denrées agricoles payées au niveau de la production, définis par les Centres de Gestion Agricoles et le Ministère de l’Agriculture. Ces prix minimum devraient être impérativement respectés par tous les acheteurs. On peut reprocher à ce système de prix minimum de détourner les acheteurs vers des produits de l’UE moins chers par rapport aux produits français analogues : ce sera à la profession agricole de faire pression pour compenser cet effet avec l’appui des consommateurs. Une politique de qualité y contribuera. Pour la concurrence des produits importés voir plus loin. Afin de tenir compte des sur-coûts de production dans les zones plus difficiles (montagne), un complément de rémunération pourrait être versée par les pouvoirs publics qui se substituerait aux différentes aides actuelles. Il ne s’agirait pas d’une aide découplée de l’acte de produire qui est anti-économique, mais d’un complément de prix qui serait le moyen de maintenir des exploitations dans les zones à faible densité afin d ‘aménager l’espace de manière équilibrée et de lutter contre l’exode rural. La mise en place de ces aides pourrait être confiée à des commissions agricoles départementales, avec la participation des agriculteurs, des environnementalistes des associations de consommateurs et autres usagers de l’espace (forestiers, chasseurs, promeneurs…). On pourrait ainsi encourager l’agriculture qui utilise et aménage l’espace (élevage à l’herbe au lieu du hors-sol ), celle qui économise l’eau, ou qui produit le plus de qualité (agriculture bio ou intégrée, labels …). Les autres aides directes aux producteurs pourraient être ainsi supprimées. C’est plus digne être payé correctement de son travail que devoir mendier des aides à l’Etat ! . Les produits importés dans l ‘espace de l’Union Européenne qui rentrent en concurrence avec les produits communautaires, devraient être taxés afin de corriger les disparités de prix liés à l’inégalité de salaires et à de règles environnementales moins strictes dans les pays d’origine. Ces taxes pourraient être ensuite reversées en grande partie aux agriculteurs des pays exportateurs pour améliorer leur revenu et soutenir leur agriculture vivrière (qui produit des denrées pour leur consommation intérieure). Les aides aux exportations agricoles hors UE, injustes, dangereuses et coûteuses doivent être démantelées au pus vite. Ces aides constituent un mécanisme qui décourage les productions vivrières dans les pays pauvres, et elles bénéficient à des gros producteurs chez nous qui n’en ont pas besoin. . Pour les secteurs en surproduction, des aides à la reconversion en particulier dans l’agriculture biologique, quand c’est techniquement possible, les productions de la filière bois et énergie ou les bio-carburants, devraient être mises en place. Pour les productions soumises à des quota ou susceptibles de l’être (lait, beurre, céréales…) un système de prix agricoles dégressif selon le nombre d’actifs par exploitation (quantum) découragera la concentration des exploitations et la surproduction. Le contrôle des structures y contribuera également. . La recherche en agriculture biologique doit être encouragée, car actuellement la recherche dans l’agriculture classique reçoit l’essentiel des aides publiques. . L’installation des agriculteurs doit être encouragée par des avances de trésorerie, des aides à l’investissement avec des prêts à taux faible ou des mises à disposition du foncier sous forme de bail. Ce foncier pourrait être acquis par les départements à travers la taxe verte ou les SAFER ou d’offices fonciers avec l’aide du Ministère. . les aides publiques aux industries agro-alimentaires, parfois nécessaires (aides au maintien de la 1ère transformation en zones défavorisées…) doivent également être revues : par exemple, il est anormal que du fait des subventions à la transformation du lait en lait en poudre, il soit plus rentable aux éleveurs de nourrir leurs jeunes animaux à partir de lait en poudre plutôt que du lait de leurs mères ! Nous proposons,s que ces aides soient axées sur les politiques d’aménagement équilibré du territoire et de la qualité (labels, marques, conditionnement et transformation des produits de l’agriculture biologique…). Ce sont les bases d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement, de l’autonomie et de la souveraineté alimentaire qui seraient ainsi jetées, condition du maintien des exploitations et d ‘un espace rural vivant chez nous, et du développement des pays pauvres dans le respect de la planète. Georges Fandos, Ingénieur Agronome, avec la collaboration et les contributions des membres de la Commission Nationale agriculture et forêt de CAP 21
Par Georges Fandos - Publié dans : www.cap21.agriculture.foret
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 16 novembre 2006
Faisant suite au texte « la CEE engage la destruction de la Bio » Trouvez ci-dessous un appel pour ne pas rester les bras croisés face au rouleau compresseur réglementaire. Claire Julien Animatrice service professionnels Nature & Progrès 68, Bd Gambetta 30700 UZES tel: 04 66 03 23 44 fax: 04 66 03 23 41 www.natureetprogres.org Appel pour un collectif "Résistons à l'exclusion par les normes industrielles" lancé par Nature & Progrès Le Conseil Européen est sur le point d'adopter le projet de règlement pour l'agriculture biologique. Dans le texte ci-joint, nous analysons comment les petits paysans diversifiés, ceux qui sont l'âme même de la bio, s'en trouvent exclus, financièrement incapables de suivre les contraintes qui leur sont imposées par des normes pensées pour la seule industrie agro-alimentaire. Les mécanismes à l'œuvre vont tous dans le même sens même si leurs domaines d'action semblent parfois éloignés : fonctionnement non démocratique, système de contrôle et de certification, paquet hygiène et normes HACCP, autorisations de mise en marché (AMM) ou encore Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Au-delà de l’agriculture, les fabrications artisanales traditionnelles, le commerce de proximité, les écomatériaux de construction, les écocarburants, les énergies renouvelables, les médecines traditionnelles… sont menacés par cette même vision normalisatrice propre à l'industrie. Tout est lié ! Nous maintenons, tant qu'il est toléré, notre travail sur l'évolution du règlement bio et sur l'évolution des systèmes de contrôle et de certification officiellement reconnus parce que nous préférons tout de même voir du "bio" en grande et moyenne surfaces plutôt que des produits issus de l'agrochimie. Toutefois, ceci ne correspond pas à notre projet de société à plus long terme : le projet de nouveau règlement bio est inacceptable en ce sens qu'il dénature l'idée même de l'agriculture biologique. Nous lançons cet appel pour regrouper les organisations confrontées à l'exclusion par les normalisations industrielles car nous ne sommes sans doute pas les seuls à subir ce phénomène grandissant. Faisons converger nos forces pour initier un travail en commun. Si votre organisation souhaite faire partie de l'appel : Nom de votre organisation et coordonnées Signature A renvoyer à Nature & Progrès, 68 Bd gambette, 30 700 UZES, ou par mail adresses ci-dessous Contact : Jordy van den Akker : petiteterre@tele2.fr Guy Kastler : 04 68 91 28 95 , guy.kastler@wanadoo.fr
Par Georges Fandos - Publié dans : www.cap21.agriculture.foret
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 29 juin 2006
Les faucheurs sont condamnés ? Greenpeace riposte ! Les "Détectives OGM" partent à la recherche des champs de maïs transgénique   28 juin 2006   Paris, France - 28/06/2006 - Scandalisée par le délibéré de la Cour d’appel d’Orléans qui condamne quarante neuf faucheurs volontaires, l’association Greenpeace lance son réseau de "détectives OGM" dans les campagnes françaises à la recherche des champs où est cultivé cette année du maïs transgénique, en secret et en toute impunité. La Cour d’appel d’Orléans a condamné mardi 27 juin à deux mois de prison ferme Jean-Emile Sanchez, ancien porte-parole de la Confédération paysanne, et les quarante huit autres prévenus à deux mois avec sursis. "Il est intolérable de voir ainsi bafoués le principe de précaution et l’état de nécessité reconnu en première instance, s’insurge Arnaud Apoteker, responsable de la campagne OGM de Greenpeace France. La justice condamne des citoyens aculés à la désobéissance civile, alors que l’Etat laisse les multinationales des biotechnologies commercialiser du maïs OGM hors de tout cadre légal et sans aucune transparence." Après le succès des "Détectives des villes", qui ont permis de barrer la route à l’introduction d’aliments contenant des OGM dans les rayons de nos supermarchés, Greenpeace lance l’opération "Détectives des champs" et incite tous ceux qui refusent les OGM, du simple citoyen au militant chevronné, à se mobiliser dans les campagnes pour découvrir où le maïs transgénique a été planté. "C’est l’Etat qui devrait fournir aux citoyens une protection efficace et une information transparente sur les OGM, mais il ne fait pas ce travail !, affirme Arnaud Apoteker. Les associations et les citoyens ne font que pallier ces manquements en effectuant leurs propres recherches pour localiser les parcelles transgéniques !" Sur le terrain, de nombreuses organisations comme la Confédération paysanne, le Collectif des Faucheurs volontaires ou Attac, multiplient les initiatives. Et de nombreux citoyens, opposés aux OGM et rassemblés dans des collectifs locaux, mènent des inspections citoyennes sur des sites de production et de stockage de semences transgéniques Monsanto. "Tous font un travail formidable et nous souhaitons leur faciliter la tâche en leur offrant des moyens : tests, vérification des données et partage de l’information, explique Arnaud Apoteker. Nous voulons mettre en place une véritable machine de guerre citoyenne contre les cultures commerciales de maïs OGM illégales." Greenpeace met donc à la disposition de tous ceux qui souhaitent devenir "détectives des champs" un véritable kit d’investigation qui comporte trois éléments :    une affiche "OGM Wanted", à coller partout où c’est possible, qui comporte une adresse e-mail et un numéro de répondeur téléphonique prêts à recueillir tout type d’informations ;  des tests qui réagissent en présence de maïs OGM et leur mode d’emploi précis ;  une Carte de France, actualisée en temps réel, qui donne les emplacements précis et tous les détails sur les champs de maïs OGM découverts par les "détectives". Actuellement, deux parcelles ont déjà été localisées ! plus d’infos sur http://www.greenpeace.fr
Par Georges Fandos - Publié dans : www.cap21.agriculture.foret
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus